Pays merveilleux
by thomasdayer
Je les entends, à l’autre bout du monde, ou à mi-chemin en tout cas, qui crient, qui chantent, qui trinquent. Je les sens, proches de moi, en moi. Je les sais lancés vers une nuit sans fin, arrosée de joie, de fraternité et de quelques gouttelettes de Johannisberg.
Oh, mes amis, vous savez bien que je ne mâche jamais mes mots lorsqu’il s’agit de critiquer mon pays, cette Suisse que je trouve souvent si frileuse et renfermée. Vous savez bien combien j’aime vivre hors de mon Valais natal, que j’estime trop encastré. Vous savez toutefois bien, aussi, combien j’aime y retourner, combien j’aime le caractère secret mais généreux de ses habitants envers ceux qui, patients, prennent le temps de briser la glace.
Heureux hasard du destin, finalement, que je sois en voyage bien loin de toi, mon beau Valais, pays merveilleux, aujourd’hui que tu te prépares à célébrer l’histoire. Je suis bien loin de toi car j’aime trop le monde, le mouvement, la découverte. La quête de nouveaux horizons, de nouveaux yeux, de nouvelles voix. Et pourtant voilà que je me sens si proche de toi, lié d’amour – oui, d’amour, d’un amour inconditionnel – avec les miens, Valaisans, qu’ils partagent une grillade sur les berges de la Sarine ou jubilent au Yémen, qu’ils klaxonnent sur une autoroute ou braillent sur la Planta.
Lié d’amour avec le Valais, coin de terre précieux, lumineux. Le journaliste sportif fait sien le devoir de tendre vers l’objectivité. L’homme ne peut réprimer les émotions fortes, transcendantes au sport. Car au fond, ce n’est pas le jeu qui brasse les tripes jusqu’ici.
C’est le mythe.
Je compte sur vous: buvez-en plus qu’une pour moi.
Je respire vos vibrations ici et vibre avec vous.