Rejouissances
9 juillet 2009
L’Orient-Le Jour, quotidien libanais francophone, regorge de bonnes feuilles. Aujourd’hui, en Une, un billet intitule “Impression” et titre du simple mot “Rejouissances” m’a paru particulierement reussi.
La journaliste Fifi Abou Dib se souvient ainsi des tirs entendus le 12 juillet 2006, alors qu’elle garait simplement sa voiture devant son bureau. “Rejouissance? deux soldats israeliens qui s’etaient aventures a l’interieur du ruban ont ete captures par le Hezbollah. A l’interieur, trop pres, pas assez loin, a portee de vue, a portee de main, expres, par hasard, ce ne sont plus aujourd’hui que nuances vaines. (…) Un petit pont, au Sud, venait d’etre bombarde. (…) Dans la journee, d’autres petits ponts ont suivi, et le soir, l’aeroport, une tradition depuis 1969. (…) La guerre cloue le temps, l’angoisse le rend poisseux. (…) Apres, le temps s’accelere. Trois ans ont passe. C’etait hier. On a colmate, on a reconstruit, rempli les decharges de beton gangrene, de tiges de fer tordues comme des mains de damnes, de vetements cardes contre les eboulis, de jouets ecrases, dans l’ecroulement des pierres.
On n’a plus retrouve les enfants. Ni vivants ni morts. Les morts, on les a promus martyrs et livres a la terre. Les vivants etaient deja grands.
Israel s’est retire, nous laissant entre ennemis intimes. On a dit “plus jamais”, mais il n’y avait plus qu’a parier sur la date. On s’est rentre dedans. Cela commence par des tirs de rejouissance, et les rejouissances n’en finissent plus. On a la guerre jouissive. Faut-il croire.”
Je dis trop souvent que ce coin de planete est voue au conflit eternel. Yves n’est pas d’accord avec moi. Pourvu que le temps lui donne raison.
La chronique de Fifi Abou Dib en entier ici: http://www.lorientlejour.com/editoriaux/editorial.php?id=8.