El Rawda
9 juillet 2009
Voyager n’est pas guerir son ame,
Le sage Seneque l’avait ecrit,
Sa parole eclaircissait nos cours de latin,
Je m’en souviens comme si c’etait avant-hier,
Ma version a peut-etre change desormais,
Coucher de soleil sur Beyrouth,
Les pecheurs dansent sur les rochers,
Habiles, ils valsent, leurs cannes se tordent,
Je mords a leur hamecon, a ce paysage,
Qui sublime s’etend a perte de vue derriere eux,
Le crepuscule frappe, il embellit la pierre,
Il adoucit ses contours escarpes,
L’onde de la mer frappe leurs jambes,
Impassibles, ils traquent la bete fuyante,
Un ballon suffit au bonheur de quelques enfants,
Une petite fille applaudit son propre exploit,
Elle vient d’escalader dix marches,
L’eau prend feu, bientot croquee,
Mais n’est-ce pas elle qui engloutira les flammes?
Un jus de pomme desaltere,
Sa fraicheur emerveille le palais,
Les familles se donnent rendez-vous ici,
Qu’il est loin, le brouhaha nocturne,
Gemmayzeh se tait au moins jusqu’a ce soir,
Je ne suis pas l’un d’entre eux,
Mais je les regarde, curieux,
Mon regard les interroge,
Qu’il est important d’etre etranger,
Et si voyager guerissait un peu l’ame?