Beyrouth l’insaisissable
8 juillet 2009
Enrober l’ensemble du Moyen-Orient dans un seul emballage, l’epingler de quelques jugements hasardeux et autres cliches: j’ai l’impression que telle est la solution de facilite lorsqu’il s’agit de penser a ce coin survolte du monde. Pourtant, une visite de la Syrie, de la Jordanie puis du Liban suffit a gommer de tels prejuges.
Quel fosse entre Damas, profondement traditionnaliste, Amman, profondement occidentale, Petra, profondement mystique, ou Beyrouth, curieux alliage, a la fois profondement snob et profondement simple.
S’y cotoient modestes marchands de legumes et arrogants pensionnaires de la haute bourgeoisie. L’apres-midi, on y achete un tas de legumes pour 2000 livres (1 franc 40) dans le quartier musulman. Le soir, on debourse entre 6 et 9 dollars pour une biere a Gemmayzeh, la ou les bars ont ete soigneusement alignes. Les Porsche et les Ferrari defilent, les robes de soiree brillent, les decibels assourdissent.
Pas si loin, quelques batiments affichent encore les stigmates de la guerre civile. Beyrouth ne s’en est pas encore completement relevee. Sa jeunesse veut encore trop souvent la fuir. Elle demeure pourtant fascinante. Il faut sans doute du temps pour l’apprivoiser. Pourra-t-on le prendre un jour?